30/09/1938

Munich et l’affaire des Sudètes

// Vidéo Munich et l’affaire des Sudètes

A Munich, une conférence de la dernière chance est organisée. Adolf Hitler et Benito Mussolini font face au Premier ministre britannique, Chamberlain, et au Président du conseil français, Daladier.

Player apocalypse

Télécharger le player flash pour voir la carte

Get Adobe Flash player

  • Agrandire
  • Rétrecir

Hitler a pour objectif de dominer l’Europe, en réunissant les populations de langue allemande résidant dans les autres pays du continent. Après l’annexion de l’Autriche, le chancelier vise celle d’une province tchécoslovaque où vivent les Sudètes, communauté germanophone. La France et l’Angleterre sont alliés de la Tchécoslovaquie. Comme en 1914, la paix est menacée par le jeu des alliances entre Etats.
A Munich, dans le temple du nazisme, une conférence de la dernière chance est organisée. Elle se tiendra les 29 et 30 septembre 1938.
Sont réunis : d’un côté Adolf Hitler, qui fait de plus en plus peur, et son allié le dictateur italien Benito Mussolini. Et de l’autre côté, les démocraties occidentales, vainqueurs épuisés de la grande guerre, le Premier ministre britannique, le conservateur Chamberlain, et le Président du conseil français, le radical-socialiste Daladier, qui veulent sauver la paix.
Churchill déclare au gouvernement britannique : " Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre. " Ils en arrivent à accepter l’inacceptable : l’abandon de la province tchèque des Sudètes à Hitler, en échange de sa promesse solennelle de ne plus revendiquer aucun autre territoire. Mais que vaut la promesse d’Hitler ? Au cours d’un discours à la Chambre des communes, Churchill déclare au gouvernement britannique : " Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre. "
Six mois plus tard seulement, en mars 1939, l’Allemagne envahit ce qui reste de la Tchécoslovaquie et entre à Prague avec le maréchal Goering à ses côtés.
Du traditionnel pangermanisme visant à regrouper toutes les communautés germanophones dans un même État, Hitler passe à la conquête d’un Lebensraum, "espace vital", espace destiné à devenir le territoire d’exercice de la suprématie du peuple allemand sur les etnies considérées comme inférieures.

D’après "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C

Rapport de l'ambassadeur français à Berlin, Coulondre au ministre des Affaires étrangères
Berlin, le 16 mars 1939

« Moins de six mois après la conclusion de l'accord de Munich et quatre mois à peine après la sentence arbitrale de Vienne, l'Allemagne, traitant comme quantité négligeable sa propre signature et celle de ses partenaires, a provoqué la dislocation de la Tchécoslovaquie, occupé militairement la Bohême et la Moravie et annexé ces deux provinces au Reich. La croix gammée flotte depuis hier, 15 mars, sur le Hradschin, où le Führer a fait son entrée sous la protection des tanks et des autos blindées, parmi une population frappée de stupeur et consternée. La Slovaquie s'est constituée en Etat soi-disant indépendant, mais qui s'est placé sous la protection du Reich. Quant à la Russie subcarpathique, elle est abandonnée à la Hongrie dont les troupes ont déjà passé la frontière. La Tchécoslovaquie, qui avait à Munich consenti de si cruels sacrifices pour le maintien de la paix, n'existe plus. Le rêve des nazis les plus acharnés à sa perte est réalisé. Elle a disparu de la carte européenne.

Les événements, qui avec une rapidité foudroyante ont abouti à ce dénouement, sont typiques de la mentalité et des méthodes des dirigeants hitlériens. Ils comportent des enseignements et des conclusions pratiques que doivent tirer sans délai tous les Etats soucieux de leur sécurité et de leur indépendance, en face d'une Allemagne grisée par ses succès et qui, abandonnant le terrain des revendications raciales, s'est lancée dans l'impérialisme pur.

L'opération dont la Tchécoslovaquie vient d'être victime porte, à un degré plus grand encore que les précédents coups de force nazis, les marques spécifiques des entreprises hitlériennes : le cynisme et la perfidie dans la conception, le secret dans la préparation, la brutalité dans l'exécution.

A Munich, les dirigeants nazis et le Führer lui-même avaient fait valoir l'impossibilité pour les Tchèques et pour les Allemands des Sudètes de coexister au sein d'un même Etat ; ils avaient allégué la haine séculaire et irréductible des Tchèques contre tout ce qui est allemand ; ils avaient prétendu que le maintien de la paix exigeait qu'une démarcation très nette fût tracée entre les deux nationalités ; ils étaient parvenus à convaincre Lord Runciman de cette nécessité ; ils s'étaient en revanche défendus de vouloir incorporer au Reich des éléments allogènes. C'est en s'inspirant de ces principes que les négociateurs réunis dans la capitale bavaroise avaient imposé au gouvernement de Prague la cession au Reich des pays de prépondérance allemande. En compensation, la Tchécoslovaquie devait recevoir une garantie internationale de ses nouvelles frontières, garantie à laquelle l'Allemagne participerait elle-même. (...)

Aujourd'hui, il n'est plus question d'une séparation entre Tchèques et Allemands indispensable à la pacification du bassin danubien et de l'Europe. Renversant complètement ses batteries, l'Allemagne reforme l'amalgame germano-tchèque, dont en septembre dernier elle avait proclamé les éléments incompatibles. Alors qu'il y a quelques mois elle déclarait absolument impossible la coexistence entre ces deux groupes ethniques, elle prétend démontrer aujourd'hui qu'une telle coexistence est toute naturelle, qu'elle correspond au sens de l'histoire et qu'elle résulte des nécessités économiques et géographiques. Il n'est plus question de la haine séculaire entre Tchèques et Allemands ; les deux peuples sont présentés au contraire comme pouvant et devant vivre harmonieusement au sein d'une même communauté politique.

Les accords de Munich n'ont donc été en définitive pour les dirigeants hitlériens qu'un moyen de désarmer la Tchécoslovaquie avant de l'annexer."

Cité dans le Livre jaune français, de G.Bonnet, Documents diplomatiques, no 73, Paris, 1939.

Discours d'Hitler du 26 septembre 1938 au Sportspalast de Berlin


« (...) Pendant vingt ans, les Allemands de Tchécoslovaquie et le peuple allemand du Reich ont dû subir les persécutions des Tchèques. Ils ont été forcés de contempler cela en spectateurs, non pas que le peuple allemand ait jamais accepté cette situation, mais ils étaient sans armes, il ne pouvait les aider contre ceux qui les martyrisaient. Et le monde des démocraties s'indigne ! Nous avons appris, en ces années, à mépriser les démocrates mondiaux. Dans toute époque, nous n'avons rencontré qu'un seul État comme grande puissance européenne, et, à la tête de cet État, un seul homme qui ait de la compréhension pour la détresse de notre peuple : c'est mon grand ami Benito Mussolini ! M. Bénès est à Prague, persuadé qu'il ne peut rien lui arriver parce qu'il a derrière lui la France et l'Angleterre. Mes compatriotes, je crois que le moment est venue de parler clair et net. On ne peut refuser le titre de pacifique à quelqu'un qui a enduré pendant vingt ans une pareille honte. M. Bénès a un peuple de sept millions de d'individus derrière lui, et ici il y a un peuple de soixante-quinze millions d'hommes (...) J'ai assuré qu'une fois ce problème résolu il n'y aura plus de problèmes territoriaux en Europe (...)

Nous ne voulons pas de Tchèques, mais je déclare au peuple allemand : en ce qui concerne la question sudète, ma patience est à bout. M. Bénès a maintenant en main la paix ou la guerre. Ou bien il acceptera cette offre et donnera enfin la liberté aux Allemands, ou bien nous irons conquérir cette liberté ! Que le monde le sache bien (...). »

// Dossiers

LES FEMMES DANS LA GUERRE

A la différence de l’Allemagne et du Japon, les Alliés mobilisent massivement les femmes pour participer à l’effort de guerre.

LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE

La survie de la Grande-Bretagne, désormais seule face à l’Allemagne, se joue dans l’Atlantique.

LES ENFANTS DANS LA GUERRE

Victimes directes ou indirectes du conflit, les enfants n’oublieront jamais ce qu’ils ont vécu.

// Protagonistes

Tomoyuki Yamashita

Le général Tomoyuki est célèbre pour avoir conquis les colonies britanniques de Malaya et de Singapour, ce qui lui a valu le surnom le Tigre de Malaya.

Heinz Guderian

Heinz Guderian, grand théoricien de la guerre des blindés, est général de panzers et inspecteur des « troupes mobiles »

Dwight D. Eisenhower

Général américain dont le grand prestige lui a valu d’être élu Président des Etats-Unis en 1952